The Zombies: Odessey & Oracle (1968)
Publié le 20/03/2007
"We broke up with "Time of the Season," which was from the album Odessey & Oracle. [That album] sort of charted but it wasn't really a big hit, and then about 15 years later, it started to sell, along with the [Zombies compilations]. We'd learned about a year ago that the Zombies compilations in all their forms actually sold worldwide about 100,000 a year, year in, year out - which, you know, for a band that broke up all that time ago, is... well, for me, it was extraordinary." (Rod Argent)
Where: Abbey Road Studios EMI
When: 1968
Who: Colin Blunstone (vocals), Rod Argent (organ, piano, keyboards, vocals, mellotron), Paul Atkinson (guitar), Chris White (bass, vocals), Hugh Grundy (drums)
What: 1. Care Of Cell 44 2. A Rose For Emily 3. Maybe After He's Gone 4. Beechwood Park 5. Brief Candles 6. Hung Up On A Dream 7. Changes 8. I Want Her She Wants Me 9. This Will Be Our Year 10. Butcher's Tale (Western Front 1914) 11. Friends of Mine 12. Time of the Season
How: Produced by The Zombies
Up: pop song sucrée et amère, basse psyché énorme aux aigus mccartneyesques, batterie au fond à gauche en sortant, attente de sortie de prison pour les lyrics ("Come up and fetch you, saved up for the train fare money / Kiss and make up and it will be so nice..."), mellotron à 1"13 et choeurs qui éclatent - Spirit s'en souviendra -, break charmant en "bom bom bom" sixties, passage dans les aigus à 2"07, Rod Argent lorgne en loucedé du côté de Jean-Sébastien Bach ["Care Of Cell 44"]...
élégance et préciosité pour une épure aux sonorités médiévales, refrain claquant dès 00"32, titre faulknerien clin d'œil ["A Rose For Emily"]...
retour de la guitare, arpèges folk d'Atkinson et basse à la descente sixties vintage... ["Maybe After He's Gone"]...
retour du clavier, nostalgie toute raydavisienne ("Do you remember golden days and golden summer suns / The sound of laughter in our ears /In the breeze as we would run?"), quelques secondes de chœurs beachboyesques pour finir, histoire de dégonfler le mythe des mélodistes surfeurs ["Beechwood Park "]...
petit parfum mod sur le refrain et poésie pop sans prétentions ("Bright and tiny gems of memory"), retour de la basse scarabée, passage presque progressif (1"55) ["Brief Candles"]...
psychédélisme victorien enfumé d'un groupe pourtant notoirement straight ("A sweet confusion filed my mind / Until I woke up only finding / everything was just a dream"), mellotron onirique à la Moody Blues ["Hung up on a Dream"]... une dose de saccharose mais cette fois-ci à la flûte, avec piano et congas improbables en renfort, pièce presque orientale ["Changes"]...
la basse Gibson de Chris White au placard, on sort la Fender Precision, choeurs édéniques ("There's nothing on my mind / And life seems kind now / I want her, she wants me), grondements de batterie et basse jacassante ["I Want Her She Wants Me"]...
sobriété rythmique au service du chant de Colin, la trompette piccolo à la "Penny Lane", cymbales appuyées et choeurs planants, jamais doucereux ["This Will Be Our Year"]...
intro à l'orgue de barbarie, choeurs grégoriens qui s'écoulent en une superbe phrase (1"17), modèle désespérément inaccessible pour Keith Relf... ["Butcher's Tale ("Western Front 1914)"]...
arpèges expédiés, presque le bonheur sans nuages pour Colin, choeurs mélés plus complexes, ombres croisées de Paul et Brian ["Friends Of Mine"]...
boucle tribale hypnotique inoubliable trois rebonds lourds de toms, doigts claqués noyés d'écho puis, en simultané, un dernier impact de basse sur un soupir, chœurs superbes, solo jazzy à l'orgue Hammond de Rod Argent (1"23), le chef-d'œuvre pop absolu ["Time Of The Season"]...
Down: la pochette d'une laideur sans nom - ou sixties si l'on veut - dont on se souvient surtout grâce à la bourde du dessinateur qui mit un "e" fautif au mot "Odyssey"... le sort injuste réservé à l'album à sa sortie et son énorme succès tardif, longtemps, longtemps après que le groupe a disparu...


