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Thin Lizzy & Friends: Dublin

Publié le 23/07/2006

La maison ne reculant, même au plus fort de la canicule, devant aucun sacrifice, suite et fin de notre longue incursion onomastique et après on en parle plus... Au menu, du spirituel, de l'affligeant, de l'insolite et en guests du jour des Texans et des Irlandais...

Alors en vrac : Asia, ce « supergroupe » de prog-rock FM un peu indigeste, né de la fusion de transfuges de King Crimson, Yes et Emerson, Lake & Palmer, doit son exotique nom à son manager Brian Lane qui souhaitant un nom imposant opta, avec une créativité sidérante, pour le plus grand continent du monde... Moins prosaïque, Paul McCartney choisit en 1971 le nom de Wings pour son nouveau groupe alors qu'il attendait dans une... aile d'hôpital que sa femme Linda mette au monde leur fille Stella. Depuis, la chose s'est élevée vers des hauteurs plus spirituelles et Macca nous la joue plutôt religieux, expliquant qu'attendant avec anxiété l'heureux événement, il se mit à prier et, bingo, un ange et ses jolies ailes lui apparurent soudain... Ce qui n'empêche pas certains d'avancer l'hypothèse cinéphilique un brin foireuse que le nom du groupe proviendrait du film de science-fiction Things to Come (1939) de William Cameron Menzies dans lequel John Cabal, un scientifique aux commandes d'un étrange avion et à la tête d'une mystérieuse organisation appelée « Wings Over the World », tente de raisonner la planète menacée (oui, on sait)...

Côté incongruités d'ailleurs, mais, ici, plus ou moins inspirées par des trips LSD foireux, on ne sait plus où donner de la tête... Les furieux « Atomic Rooster » d'Arthur Brown comptait en leur sein un halluciné permanent (outre leur leader) qui, au beau milieu d'une tournée avec les malheureux Rhinoceros en 1969, fit une virée lysergique bancale qui le fit s'enfermer dans une cabine tout un week-end pour en sortir habillé en poulet en gueulant « I'm the Atomic Rooster! »... Les proto-métalleux Blue Cheer tireraient, quant à eux, leur nom d'une variété de LSD même si certains ont avancé que c'était aussi le nom d'un détergent... Aussi déjantés, mais sans LSD cette fois (enfin...), les membres du futur Blues Magoos, dont le mémorable « (We Ain't Got) Nothin' Yet » fit la courte renommée, firent un tel honneur au moo goo gai pan d'un restaurant chinois du Bronx qu'ils décidèrent de s'en inspirer partiellement et, après un court passage par un hasardeux « Bloos Magoos » un peu trop cryptique, fixèrent leur choix sur une orthographe plus standard et un nom 100% sixties, mi-blues, mi-psyché...

On continue pêle-mêle... Un tueur en série, surnommé « The Guilford Strangler », sévissait dans le sud de Londres, au début des seventies ? Récupéré illico par la bande de Hugh Cornwall qui se produisit pendant quelques semaines dans cette partie de la capitale anglaise sous le nom riant de « The Guilford Stranglers » alors même que l'assassin courait encore les rues... avant d'être contraint, au moins par correction, de réduire leur nom en « The Stranglers », à peine plus politiquement correct... Les Cramps eux, exploitèrent la veine double-entendre grivoise, avec un nom qui, selon Poison Ivy Rorschach elle-même, fait référence aux douleurs occasionnées par les menstruations mais aussi, Dieu que c'est bien fait quand même, à l'érection...Buffalo Springfield - plaque de rouleau-compresseurQuant aux folkeux Buffalo Springfield, un choix tout en intuitivité à le nom d'une célèbre marque de rouleau-compresseur à et basta...Enfin, les sudistes .38 Special tire, selon toute vraisemblance, son nom des lyrics de « Saturday Night Special » (« Shoots him full of .38 holes ») du grand frère Lynyrd Skynyrd à on signale quand même une version tardive qui voudrait que le groupe répétât à ses débuts dans un bâtiments promis à la destruction et qu'ils en furent délogés par la police de Jacksonville à coups de .38 Special justement...

Plus près de nous à quoique le groupe ait commencé à tourner à la fin des seventies à Faith No More... On écarte pour l'instant l'histoire du nom d'un lévrier sur lequel le groupe aurait parié (?) pour rester sur l'historique qui, grosso modo, prévaut dans la plupart des versions avancées : tournant à l'origine sous le nom « Faith No Man », le groupe connut une floppée de chanteurs avant Mike Patton et même Chuck Mosely ; et quand un certain Mike Morris, surnommé « The Man » mit les voiles, le groupe se vengea par un ironique « Faith No More »...

Sinon, on ne pouvait naturellement pas passer sous silence le litigieux et fantasmatique cas ZZ Top... ZZ Top sont les premiers à s'en amuser, d'ailleurs, leur mystérieux nom n'en finissant pas de susciter les explications les plus fantaisistes à à chaque fois « définitives » selon leur auteur, bien sûr... Tout le monde y est allé, y va et y ira de sa version, on consigne le tout et vous faites votre choix... Un choix stratégique, tout d'abord, dont on est d'ailleurs en droit de contester la logique : ce nom permettait aux groupes de rendre ses disques, rangés en toute fin de bacs chez les disquaires à la lettre « z », plus facilement repérables par ses fans... Voire... Autre origine : vaguement calqué sur le BB King (au moins rythmiquement), avec le « Z » qui reproduit cette forme particulière qu'on retrouve sur les fixations des portes de granges, notamment au Texas... D'autres parlent aussi d'une enseigne lumineuse mal éclairée, « Pizza Stop », mais celle-là, on vous la donne juste par acquit de conscience tant elle fleure l'apocryphe... On dit aussi régulièrement que c'est une marque de papier-toilette (jamais vraiment identifiée) ou, mieux, la fusion de deux marques de papier à cigarettes, Zig-Zag et Top Rolling, très connus des junkies (?). Enfin, ZZ Top pourrait aussi faire référence au plus gros bonnet de soutien-gorge raisonnablement imaginable, le double Z...

On termine par nos Irlandais fétiches, Thin Lizzy, mené par le regretté mais trop camé Liz IgoePhyl Lynott... La Ford Model T dont le surnom était « Tin Lizzie » (et dont le slogan, appréciable par le leader métis, était « Any colour you like as long as it's black ! ») ? Le surnom de « Long Liz Stride », une des nombreuses victimes du trublion Jack l'Eventreur ? Allusion à la plus jolie fille de Dublin, , qui trainaît alors avec Lynott et l'artiste Jim Fitzpatrick, qui créera ensuite les pochettes du groupe ? Tout ceci est plus ou moins recevable mais on s'entend plus souvent sur l'histoire suivante : grand fan de comics, Lynott reprit tout simplement le nom d'un robot « Tin Lizzie », glané dans un magazine de bandes dessinées, peut-être sur les conseils de son guitariste Eric Bell qui, impressionné par la célèbre pochette de John Mayall's Bluesbreakers with Eric Clapton où God lit un exemplaire du journal Beano, courut acheter une copie et y trouva le nom du fameux robot...

Et ce « h » ajouté à « Tin Lizzie » ? Manière d'éviter les problèmes de copyright en gardant la même sonorité et clin d'œil aux origines celtiques du groupe, les Dublinois purs et durs prononçant le « th » tout simplement « t », contrairement au reste du monde anglophone...Voilà, il nous resterait à faire Culture Club, Depeche Mode, les Pet Shop Boys et Duran Duran mais on va s'en tenir là...


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