Clarence Ashley & Gwen Foster: The House of the Rising Sun

Un titre à dynamique inclusive - boys and girls, chacun(e) sa part - plus de 500 covers à l’arrivée : we have a winner…

At the beginning, comme toujours, le blues. Sauf que là, non. Généalogie fumeuse, du folk anglais rerouté sur New Orleans, même Alan Lomax s’y perd. 1933 : Ashley & Foster gravent un "Rising Sun Blues", Appalachian style.

1944 : ça tourne déjà bien, Roy Acuff et ses Smoky Mountain Boys s’avisent, Josh White aussi, on est loin du hit, though. Leadbelly tambourine à la porte, un "In New Orleans" syncopé, douze-cordes au centre - et à nouveau 4 ans plus tard.

1958 : 25 ans de reprises déjà, just the beginning - une valeur sûre, un favori des hootenannies aussi depuis Guthrie. Banjo en bandoulière, 7 cordes de moins que Ledbetter, Seeger chevauche au pas, à cru, donne un tour funèbre au titre.

1959 : folie du revival skiffle au UK, John et Paul devant leur TV pour Six-Five Special, Valentine, Page & Blackmore too, le rock bricolo avec du jazz dedans. Lonnie Donnegan en tête de proue, solo surf ralenti du meilleur effet.

1963 : Joan Baez, Nina Simone bientôt, rééquilibrent les genres, Zimmerman et Smet cavalent derrière. Marie Laforêt s’y hasarde, un rendu gentiment stoned, mais la chantera again, et mieux, en 1968, méthode Assimil en soutien.

1964 : Burdon sort de sa cage, rugit, garde le titre entre ses griffes et c’est le hit paléo-folk-rock, Newcastle invasion, beurré aux claviers sixties. Johnny direct un pied dans la porte, avec une contrepèterie dans le titre Frenchie.

1965 : la balance tarée à vie par les Animals, les Supremes et Marianne Faithfull appuient fort sur le plateau des meufs. Dans la foulée, Barbara Randolph, de passage météorique au sein des Platters, donne du poids, tout en légèreté.

1970 : un moment que la country lui tournait autour - Nat Stuckey, Jerry Reed, Claude King - mais c’est Conway Twitty qui fait le mieux son Burdon sur une rythmique à toute blinde et des couinements de goulot métallique égosillé.

1970 : The Gants avaient déjà donné dans la lecture garage, Frijid Pink débouche la cuvée proto-hard-rock, disto, sustain & wah-wah psyché, évite la sanction attendue avec une prestation vocale digne de Kelly Green - et le bon tempo.

1975 : intro pastorale, puis The Great Fatsby descend de sa mountain, s’acquitte d’arpèges déjà bien rebattus, beugle ce qu’il faut et laisse la place. Cherchez pas le light and shade zeppelinien, un titre-plateforme qui boots un solo.

1980 : the girls are back avec Dolly qui bêle tout en boucles, de la country disco à ça du four-on-the-floor, Jeff Baxter around mais Larry Carlton ici. Trois albums la même année, ça sent sa prise unique, mais des inflexions frissons.

1987 : Johansen en alter-ego lounge, avec ses Banshees of Blue, ricanements critiques déjoués, de pastiche potache point. Sous le costard, cocktail en pogne, des vocals à oilpé, le nœud pap turgescent, the ultimate punk swindle.

1994 : Sinéad en paratonnerre de cathédrale, reprend le flambeau meuf, chasse les décibels, ferveur chuchotée sur les premiers degrés de son ascension pour une courte épiphanie perçante, humaine, donc animale. Backing band à la peine.

2002 : Bon Jovi avait osé, donc makes sense for Toto too - en face B quand même. Bobby Kimball, poumons garantis from Louisiana, brame, Lukather & Phillips parfaits. Propre ? Oui. Beau ? Oui. Professionnel ? Very much. Utile ? Non plus.