Howlin' Wolf: Smokestack Lightnin'

Un titre ferroviaire, à la cheminée crépitante, qui évite la voie de garage depuis 65 ans...

At the beginning, comme toujours, le blues. Chicagoan, for a change. Burnette démarque une mélodie de Tommy Johnson, duplique des lyrics des Mississippi Sheiks et combine "Crying at Daybreak", fertilisé, rebaptisé et finalisé en 1956.

1964 : Manfred Mann a défriché, les Yardbirds passent la tondeuse au Marquee Club, l’harmonica de Relf en blueswailin’ star, God taiseux, Samwell-Smith et McCarty piaffent avant la cavalcade. Version studio adoubée par le Wolf Soi-Même.

1968 : case cochée par les Animals, on se doute. Les (Fabulous) Wailers, 0% reggae, 100% garage nuggets de Tacoma, Washington, bricolent autour d’un riff rigide, soudain la bascule psyché, boogie absurde & coda saxo. Grand foutoir saugrenu.

1970 : les Yardbirds l’étiraient parfois 30 minutes ? Le Dead coupe la poire en deux, les 13 & 14 février, au Fillmore East, version filtrée par Owsley "Bear" Stanley. L’assoupissement guette, version compartiment couchette… almost.

1971 : Fenton Robinson ramène tout à Chicago, sort la gratte à six rails, basse funky à gros dos et drums Modeliste inoculent un gros groove par derrière. Intonations à la Albert Collins, espace sonore sous vide, compressé, élégant.

1972 : Mike Harrison se la joue solo, plante les Spooky Tooth à Carlisle et se casse à Muscle Shoals Sound Studio, avec la rythmique maison - Pete Carr et Wayne Perkins pas loin. Une jam GB-US de 12 minutes qui se cherche.

1985 : le band de Prophet s’affranchit du punk-rock psyché made in Tucson, Arizona, pour 13 minutes de desert blues. Une jam, again ? Oui, mais on a fait ses humanités : chant lupus, guitare exploratrice. Gunclubbé ? Oui.

1988 : Soundgarden pompe un riff (on dit pas, concours), le tourne hendrixien, insuffle une tension proto-grunge, avec Cornell qui tente son Jeff Buckley. Citation finale du "Death Valley ’69" de Sonic Youth, expurgée dans les reissues.

1989 : Gillan, le band. Ian s’égosille, méconnaissable, traque le gimmick vocal d’antan, cible un blues speedkingé mid-tempo, se replie sur son harmonica. Gratte fanfaronne et talking-boxeuse en soutien, par Janick "Iron Maiden" Gers.

1999 : back to acoustics : coup de plumeau de Lee, cousin de Johnny "Guitar" Watson et pote de Albert Collins, qui purge en 2’41 les excès 70s et 80s et hurle au clair de lune. Quasi-rien à la guitare donc un univers, à la belle étoile.

2000 : nimbé de l’avant-jazz-funk de Martin & Wood, Whitley, chant gracile, épaissi, par touches, de soul, chemine dans la nuit, guitare vacillante, la plainte lupine comme seule lumière. Cortège funèbre qui enterre toutes les jams.