Judas Priest: Screaming For Vengeance (1982)

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"Yes, I love the word entertainment, because that's what we do. When you're in a band and you go on stage you're entertaining people - you're putting on a great show with visuals and sound, so I think that's the right word [...] That's what we're all about - giving people good experiences and a fantastic night out..." (Rob Halford) Where: Recorded at Columbia Studios When: July 1982 Who: Rob Halford (lead vocals), K. K. Downing (guitar, backing vocals), Glenn Tipton (guitar, keyboards, backing vocals), Ian Hill (bass), Dave Holland (drums) What: 1. The Hellion 2. Electric Eye 3. Riding On The Wind 4. Bloodstone 5. (Take These) Chains 6. Pain And Pleasure 7. Screaming For Vengeance 8. You've Got Another Thing Comin' 9. Fever 10. Devil's Child How: Produced by Tom Allom Up: intro riffée grandiloquente aux relents Maiden période Killers, grosses pêches de basse, gnons de cymbales et guitares couinantes en reprise à la tierce, pains de cymbales, un essorage sonore puis fondu enchaîné ["The Hellion"]... quel riff en aigus crépitants, entrée standard impeccable Hill et Holland en coups de semonce basse-drums, Downing et Tipton riffent à fleurets sanglants, Rob prend sa voix backroomée SM et surfe sur le méchant groove couperet, passe en mode castrat sadique sur l'envolée vers le refrain irrésistible, KK et Glen équarrissent avec classe, Holland profite de la production pour bastonner dans le dur, les guitares se font crémeuses sur le refrain, Rob part dans des altitudes viciées, puissance des drums, entrée d'un solo mille fois entendu par King et Hanneman, tout en souplesse, puis speedé, ça joute à donf avec des solos pulpés avec épilogue sur phrase mélodique bien sûr, retour sur "le" riff de l'album, Rob susurre, menace, hausse le ton, les grattes sont superbes de velouté de graves, la voix de Rob est trafiquée, fins en paroles soigneusement détachées et guitares feulantes laissées agonisantes sur un feedback éternel ["Electric Eye"]...roulement de tonnerre, ça riffe à droite, entrée bourrin des drums et de la gratte à gauche en accords paresseux, Rob au sommet de ses tortillements vocaux de serial killer, voix perçante sur drums énormes mais subtils, des micro-soli plutôt bluesy de KK et Glen, Rob hargneux, mauvais mais mélodieux, une aspiration de guitare synthétique, une dégringolade de drums, Downing et Tipton grands frères des ferrailleurs de Slayer impressionnent, un stop, le riff, des pains basse-cymbales incontournables, cyber-solo en sonorités spatiales avec accélération jubilatoire, déliée et confiante l'escapade sur frets, ça dégueule des notes de partout, on repart en solo déployé du haut du manche vers les aigus barbares, le ride n'en finit plus, ça rabote à sec, une nouvelle aspiration, fin comme une gifle ["Riding On The Wind"]... oh le riff eighties jouissif tout en reptation à vide, on perd son calme rapidement en distortion contrôlée, une autre gratte en renfort, rauque d'électricité, summum de lourdeur suspendue de Hill et Holland, pas simple l'air de rien, les guitares sont resplendissantes de perversion, en gros accords moribonds ramenés à la vie en fin de strophe de Rob, tortionnaire ricanant, triolets maideniens lourds, un refrain qui claque sur une voix de stentor, ces drums telluriques, les grattes construisent un mur, Rob premier de cordée sur des aigus farinelliens, beaucoup de blues derrière ça pourtant, les breaks de caisse claire sur le refrain, la meute KK et Glen est lâchée, soli très riffés au début, on prend son temps, un clash et assaut des aigus électroniques, fretboard dévalé en schuss, puis repris dans l'autre sens, écrasé par des riffs en pédale de volume, Rob martèle son "bloodstone", se plaque sur le break de caisse claire, quelle armée ["Bloodstone"]...tiens une reprise, tentation du hit commercial, l'intro est superbe en accords "Little Wing" dégraissés, Rob chante pour la radio mais ses potes débarquent sans frapper, un riff qui dit merci au producteur sur une respiration géniale de la frappe de drums, pas de chichis on enchaine le refrain tout de suite, ça flirte avec la FM mais que les guitare sont sonores, la basse crépite ses borborygmes, Holland breake dans tous les sens, une belle montée et ce break suspendu entre deux frappes, refrain décidément imparable, un pont en guitares obèses et huileuses, quel solo encore, avec des montées en triolets, ça fuse, déjà fini c'est pour la radio, retour du riff fracassant, du heavy metal pour les clubs, des aigus finaux maniaques sur roulements assourdissants ["(Take These) Chains"]... beau riff calqué sur le "Fire And Water" de Free, mais avec ambiances hendrixiennes appuyées, volume à fond aussi, basse batterie à la gloire du poom-tchac rock vertigineux, voix pas naturelle de Rob, guitares en accords qui tailladent, on progresse doucement, Rob s'épanche et se confie, tout un programme ce titre SM ("Don't know what I like"), ok Rob, compris, très dur de faire du splendide avec de grosses guitares et pourtant, encore un refrain imparable, un stop sur charleys, KK et Glen sont si fiers de leurs riffs qu'ils les font tourner à vide pour lancer un solo torturé, magnifique, ode à la distortion gueularde, les deux gratteux cloutés croisent le fer, distribuent les accords riches et généreux, comment résister ["Pain And Pleasure"]...cris déchirants, furieux et hallucinés du père Rob sur les rabotages démentiels de Downing et Tipton bientôt évaporés en spirales volutées vers les aigus, un riff à droite, des coups de basse à gauche of course, Holland bouscule pour entrer, ça palpite savamment, Rob tout en petite voix salopée, c'est leur métier ça bourrine derrière, les deux grattes montent les tons, balancent des baffes, le refrain sur martelage de double pied de grosse caisse et ce "screamiiiiing for vengeance" terrifiant, ça rigole pas trop et ça tape sur tout ce qui bouge, roulements à faire péter Richter, un riff sur breaks aspirés de drums, le solo à gauche méchant et heurté, plus svelte à droite, la complémentarité Smith-Murray en somme, des phrasés lyriques communs, un crash mauvais, un nouveau riff, pour un peu ça tient du boogie, on lâche des accords à fragmentation, un phrasé final heavy dans les cordes basse, quelle suée, les cris de Rob font froid dans le dos, fin en feedback et maelström hendrixien ["Screaming For Vengeance"]... un riff de Pat Benatar ? non les giclées d'acide de Downing et Tipton, et des breaks, Rob la voix plus grave, on marche sur les brisées de AC/DC en fait, rythmique d'enclume en plus, guitares à la Malcom, polies, n'interviennent que quand Rob a fini, un beau pont haletant et Rob qui speede pour placer ses lyrics sur les claques de grattes, refrain impeccable, avec de la pop dedans, grattes qui aboient, Holland roi du break de caisse claire impensable, Rob tient les rênes, arrive à bout de souffle sur le refrain, un beau break en accords et des sons de caisse claire radio, le solo en toute fin s'amuse sur le riff, repart dans des tirés majestueux, on retombe sur du groove australo-écossais avec même des phrasés vibrato sudistes, on fait d'ailleurs tourner à vide sur essais de son caisse claire, ça repart avec des accords tailladés, porté par les choeurs de Rob, on martèle ["You've Got Another Thing Comin'"]...travaillés ces arpèges en son hendrixien, plein d'effets à ras-bord, entrée d'une guitare sitar qui égrène une succession d'accords, Rob en émotion, presque touchant, sur basse cardiaque synthétisée, une montée d'accords, un double pain de basse, une pulsation heavy slow qui se met en place, les grattes monstrueuses de violence contenue, belle ascension d'arpèges saturés et grognements de grattes, ces roulements infinis, Rob se lâche sur les choeurs croisés, avec soupirs qui claquent évidemment, pas vraiment sensuel comme du Freddy, un break avec riff méchant qui s'enroule en volutes, un solo aérien confiant, magnifique, pas démonstratif, repris à deux dans le tiré aigu sur la pulsation, on travaille sa phrase, un peu de riff, un passage en arpèges des cieux, presque du Satriani, Rob souffre, sonorités Black Sabbath, une plongée inattendue dans les arpèges du début, impeccable ["Fever"]... gros riff au volume tour à tour relâché et étouffé, du Gibson-Marshall pour un peu, Hill se fraye un chemin classe, un petit souffle de drums sur la basse, Rob en sorcière, un riff très seventies, un pont plus groovy, refrain imparable avec phrasé à la fin des vocals, Downing et Tipton lacèrent, écharpent et balafrent à l'électricité, un solo synthétique en crue, un beat tambouriné sur vibrato torturé, Rob part dans des aigus dépravés proches de King Diamond, Holland tabasse ses peaux, la fin du monde ou quoi, on reprend le riff AC/DC, pas tout dit le Holland, en rajoute une couche, les cris de hyène de Rob pour finir ["Devil's Child"]... Down: Attention, contient des morceaux de lyrics comme "Fever / You set my soul on fire" (aïe) - quant à l'ambiance biker SM ceinturons cloutés backroom, comment dire ?