Sonny Boy Williamson: Good Morning Little Schoolgirl

Un titre à la papa, pépouze satyre, pervers mais pépère…

At the beginning, comme toujours, le blues. Bien country, direct Chicago, 1937. Harmonica prédateur, (h)anches frétillantes, en flûte de Hamelin. "You can tell yo’ mother an’ yo’ father, that Sonny Boy’s a little school boy, too".

1962 : rares exceptions, mais 25 ans de placard quand même, la compo. Big Joe Williams reprend le flambeau, Hopkins enfile l’imper, version acoustique, voice over guitar, un Linton Kwesi Johnson bluesy priapique, sûr de sa prise.

1964 : Stewart, le larynx encore frais, passe solo chez Decca, refuse la pop, torche en studio, avec John Paul Jones à la basse arachnéenne, le titre à l’oreille, navigue entre Cooke et Presley, tente le single à "Ready Steady Go". Flop.

1965 : bordel de paternité(s) - Larry Williams avait sa "Little Schoolgirl" à lui, Don Level & Bob Love pondent une variation, soit trois titres pareils. Ici, gimmick vocaux pop de Relf, "do the twist", solo gueulard et furibard de God.

1966 : Muddy Waters deux ans avant ? Butterfield, pied au plancher, souffle, halète et pilonne, pour impressionner Rothchild, le boss d’Elektra. Bloomfield & Bishop tricotent derrière, sur une rythmique nerveuse. Retoqués.

1967 : first LP du Dead qui tente la débauche juvénile. Déplacés à LA, nerveux en studio, un peu verts selon Lesh et Kreutzmann eux-mêmes, en sortent déçus et jurent qu’ils sont cent fois meilleurs en live. Le prouveront, on le sait.

1969 : "Sweet Papa John" Winter saute sur la chose, of course. Lee, lascif, détourne un riff majeur, verse dans le fossé et part en jam crémeuse sur basse bavarde et élastique, des micro-motifs mitraillés, pas encore le délié mature.

1978 : Taj Mahal, Mississippi Fred McDowell, Hooker même avant. C’est décidé, Morganfield, hard again à 65 balais, remet le couvert, avec Winter, amateur aussi. Une légende, le timide Big Walter Horton, à l’harmonica royal.

1993 : Morrison, stentor intact, fait son come-back en beat hoqueté et gras, chœurs et brass-band, et jure "I once was a schoolboy too". Absurdité des avatars blues dépouillés de leur sens originel, prétextes à prestations magnifiques.

1993 : Paulo en chant lassé sous Prozac, avec Palladino et Bonham - le fils - en rythmique, pour un tribute à… Waters. El Becko couine du vibrato classieux sur trame Leslie. Autre version avec Richie Sambora, sur le même LP.

2005 : Guy la faisait en 65, Chuck en 69. Donc Guy et Keith Richards quarante ans plus tard, avec Les Paul nonagénaire et puis Rick Derringer, why not ? La guitare électrique, grande cannibale blues.