par l'auteur du Rock pour les Nuls

des 100 Meilleurs Albums de rock
de Take One, les producteurs du rock
et de Paul Personne, des vies en blues

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25-02-2010

Infectious Grooves: Groove Family Cyco (1994)

"We didn't start off trying to be a band. We were just looking for a guitar player and a drummer. We were just playing like someone playin g basketball. The analogy is like when someone is 4 years old and 5 foot tall playing basketball. Someone might say, "You'll never be in the NBA." "Well, I don't care. I'm having fun." Our situation, we never set out to be in a band. When we first started, there wasn't a lot of opportunities to be in a band. Everybody started going to punk rock shows. We didn't dress to go to the shows, we dressed how we dressed every day of the week. That's where we grew up. ..." (Mike Muir) Where: Recorded in Los Angeles When: 1994 Who: Mike Muir (vocals), Dean Pleasants (guitar), Adam Siegel (guitar), Robert Trujillo (bass), Brooks Wackerman (drums)What: 1. Violent & Funky 2. Boom Boom Boom 3. Frustrated Again 4. Rules Go Out The Window 5. Groove Family Cyco 6. Die Lika Pig 7. Do What I Tell Ya! 8. Cousin Randy 9. Why? 10. Made It How: Produced by Michael Vail Blum & Dhogcru Up: petit riff funky cocottant très Fame lennonien, inoffensif quelques secondes puis entrée d'un superbe beat de drums avec petit slap trompeur de Robert qui s'engage dans une descente vrombissante ahurissante et fait rouler un riff océanique à la Dick Dale, mediator-free s'il vous plaît, frappe de cabri de Wackerman, entrée de Mike, puis le riff de grattes, après le funky, le violent, ok compris, vroom de basse percussif aussi, riff thrash jouissif, voix ado de Mike et chœurs louches, quelle puissance : un stop and go avec de colossaux retours de basse de Robert, Muir qui gangsta-rappe, on est avec lui mais Trujillo est impérial derrière et empêche de se concentrer, tout le monde si convaincu qu'on le laisse tourner tout seul sur charleys post-disco et gratte funky qui revient en loucedé, soumise, Robert a déjà réenfourché son riff titanesque de basse qu'il place à l'octave, pour rigoler, puis la même en slappant, Muir reprend les rênes et balance ses vérités "early to bed and early to rise makes men healthy, wealthy and... boring !!!", descente satanique de Robert, tout est dans le titre ["Violent & Funky"]... boom ! nous cache rien avec leur titre-programme, le gang de Venice, un riff thrashy presque Megadethien première période, dégringolade de basse pour un nouveau riff hénaurme du gentil Robert, une gratte étique en support funky pour contrebalancer la décharge saturée, on fait même surfer le riff trashos, Robert passe en son plus jazzy, un groove en or, supérieur aux Red Hot, chant torturé de Mike, comme coincé en enfance malgré les biceps, ces charleys tout de même, et soudain, le soupir, si peu utilisé en rock et boom boom boom ! "here goes another one" en effet sur montée de gratte et basse à l'unisson et la voix qui se calque, les riffs qui virevoltent, une vraie compo aussi, pas de la jam de virtuoses, ça repart, on travaille les silences et toujours cette lame de fond de basse, les cymbales qui crashent, Wackerman est à écouter, cadeau un solo wah-wahisant, clair, détendu du bout, quelle rythmique, on la remet ["Boom Boom Boom"]...pied au plancher Brooks, poursuivi par le riff, qui détale comme un lapin, à moins que ce ne soit l'inverse, un beat presque jungle comme du Lombardo funky, Muir résume vingt ans de lyrics avec son titre qu'il nous balance à la gueule d'emblée, un petit motif étique et disonnant qui court derrière, glisse vers un passage hardcore et Muir qui se réfugie dans ses aigus fragiles, une bastonnade en règle, Robert en bourrinage intense, en bonus un irrésistible surf pogotant, El Trujillo parvient quand même à placer une descente phénoménale, réminiscence de "Heart Filthy Lesson" de l'ex-Thin White Duke, cordes qui crissent sous le médiator de biais, un bon solo vintage seventies et joutes avec gratte funky, pas que Robert mais quand même ["Frustrated Again"]... le riff en harmoniques aliénées crépitantes, avec effet de poignet thrashy, puis riff énorme en clin d'œil Rage Against The Machine, et une basse jazzy qui se cale, chœurs funky, du Parliament/Funkadelic un peu blanchi en somme, la basse de Robert qui dégorge, très Fame à nouveau tout de même, Muir cède le micro, peut pas chanter comme ça, la gratte funky chétive mène le combat contre les assauts bourrino-thrasheux, les giclées de quatre-cordes sont purement monstrueuses, soudain une ambiance singulière, splendide, traversée de riffs qui s'auto-snippent, harmoniques dissonnantes toujours présentes, Trujillo fait feu, tout sauf de la jam ["Rules Go Out The Window"]...riff urgent, bien speedé, aigu et vrillant sur beat décalé tribal, bien sûr le riff bien saturé qui joue les gros bras, welcome to the groove family, c'est sur le riff thrashos medium pace avec indignation aiguë finale qu'on stabilise l'intro, entrée de basse attendue avec impatience et toujours récompensée, le riff en ping-pong grave-aigu à la Flea, gratte stridente et tranchante à la Tom Morello, petit slap et chœurs gangstas pour l'ambiance, on fait surfer le riff mais ça reste haché, Robert peut se lâcher sur des fills, une gratte tapie et Mike qui suit le riff au chant, grattes rugissantes et Robert qui fait un peu la star, s'excuse avec un nouveau riff faussement simple, bien pointu, en dents de scie et contretemps, des rythmiques comme ça, dans le monde... ["Groove Family Cyco"]... cocotte wah-wah le solo angoissé vaguement orientalisant et les roulements piaffants sur basse slappée oh la lessiveuse funky, ça glisse vers un riff thrashy pogo toujours en heurts, belle relation avec le riff du début, un riff qui peine à démarrer puis s'épanche en scie slayeresque vibrionnante sur le final, s'éclaircit un peu à l'entrée du chant de Muir avec une wah-wah en toile de fond, refrain presque zappaïen, vaguement comique mais ça rigole pas trop, des descentes et un riff qui meurt, du funky doom ["Die Lika Pig"]...le bon vieux riff hardos des familles (cyco) avec grosse basse claquante qui se greffe, un "yeah" de satisfaction de Mike, "do what I tell you" couplé voix/guitare, énervés mais s'amusent les gars, ça mitraille gras et velouté, encore une compo forte, on joue à stopper puis repartir sur des frisées de grattes, bonheur communicatif de faire groover vicieux, le bon Roi Robert déclenche la basse qui cliquète, les vocals gangsta pourquoi changer, tellement efficace qu'on fait tourner avec grosse basse/batterie, encore un peu de wah-wah, les guitares qui grattent à la porte, une telle compo, on fait tourner et c'est tout, les drums splendides, sans show-off, un point final : "pussy!" ["Do What I Tell Ya!"]... intro en arpèges à nouveau orientalisants et grosse basse barbouillée, murmures rappeurs de Mike tout droits sortis de l'HP, hammer-on wah-wah à la papa, ambiance pesante, on sent que le cousin Randy a une histoire, Robert nous envoie des signaux de morse avec sa basse puis fait fumer un riff slappé arachnéen racé sur fond de wah-wah, un riff onctueux pas trop rapide le complète, des drums hoquetants, plutôt tribaux, on attend la frappe sèche qui se libère enfin, Muir et sa voix gracile, quelques triolets thrashy, c'est lourd, quel job aux cymbales tout de même, oh le passage en remontée dans les graves avec note aiguë slayeresque, trop court, déjà un nouvel item basse-batterie avec solo funky en fills, les grattes lourdes reviennent, break inattendu avec harmoniques de basse, guitare qui gémit dans un coin, grosse note finale, du rap funk prog peut-être ["Cousin Randy"]...gros roulement et riff de basse en accords aigus, la grosse machine se met en route avec un gros riff gras et une guitare malingre, comprendre funky, pas impressionnée par la basse roulante de Robert, sur le chant on calme la saturation et on fait cliqueter le tout en basse funky slappée et cocottes bourrées d'effets, Muir est barré dans ses chœurs vraiment dérangés, revendicatifs et ténus, du riffage trasho, pont en gros son jazzy pour Trujillo, une vrille pour descendre, le même en accords, réintroduction des guitares en pseudo-flangeage ultra-serré, classique, dans tous les sens ["Why?"]... début chant bordélique, au loin, a little bit of heaven, du gospel gangsta, avec pas que de l'eau, une walking bass jazzy et solo itou, le gag un peu rebattu, fonctionne sans plus, Robert sans effort, la gratte qui cale un peu, bon, le riff maintenant, surprise plus rock que thrash cette fois-ci, une rythmique complètement décalée, la basse qui fait des fills comme en retard, très curieux, on fait tourner sur une ambiance jazzy, vite pulvérisée à la saturation, une nouvelle partie de Trujillo, qui semble se retenir puis lâche la purée, du jazz-rock peut-être tout simplement, presque du Primus en tout cas avec ces touches zappaïennes, un solo qui part à droite, pourquoi pas avec ces trois notes finales entêtantes à la basse, où veulent-ils en venir, retour sur le mantra gangsta "looking for a bit of heaven", voix noires, Parliament, Funkadelic, Clinton encore et toujours ["Made It"]... Down: Rien.

 

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