par l'auteur du Rock pour les Nuls

des 100 Meilleurs Albums de rock
de Take One, les producteurs du rock
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14-05-2009

Motörhead: Ace Of Spades (1980)

"[Speed metal bands] have just got the wrong bit. They think that being fast and loud is the whole thing and it isn't. The guitar solos are not really difficult for a guitar player, it's just playing scales. To feel a solo and bend into it & I mean Hendrix is the best guitarist you've ever seen in your life. And he learned from people like Buddy Guy, Lightnin' Hopkins and people like that inspired Hendrix. To be influenced by something, you're gonna have to play it the same. And these guys are influenced by us, but I don't feel any kinship with them. Cause theirs is vastly inferior to ours. [...] We had gigs with the Damned & I always felt more kinship with the punk bands than the metal bands cause I mean, we had a lot more in common with the Damned than Black Sabbath. I mean we have nothing in common at all with Judas Priest. There's like the Damned, the Pistols, Johnny Thunders and the Heartbreakers before he fucked up again. They were great, Johnny Thunders and the Heartbreakers..." (Ian "Lemmy" Kilmister) Where: Recorded at Jackson's Studios, Rickmansworth, UK When: 1980 Who: Ian "Lemmy" Kilmister (bass, lead vocals), "Fast" Eddie Clarke (guitar, lead vocals), Phil "Philthy Animal" Taylor (drums) What: 1. Ace Of Spades 2. Love Me Like A Reptile 3. Shoot You In The Back 4. Live To Win 5. Fast And Loose 6. (We Are) The Road Crew 7. Fire Fire 8. Jailbait 9. Dance 10. Bite The Bullet 11. The Chase Is Better Than The Catch 12. The Hammer How: Produced by Vic MaileUp: intro de basse boogie saturée, caisse claire frisottée aux baguettes trépignantes, et c'est parti pour le blitzkrieg, accords informes amplement prolongés pendant le chant puis verrouillage en riffs chuckesques vicieux, la recette de l'artillerie du groupe, Lemmy impérial au chant épais et urgent, "Philthy Animal" playmobil sous acide à la double grosse caisse coincée en position rapide, "Fast" Eddie roi des riffs vraiment incisifs, un petit passage cliquetant de basse boogie feulante, stop and go, galop de grosse caisse, Clarke se désembourbe puis attaque la pentatonique à fond, surfe sans paniquer sur le mur de son de ses deux potes, attaque les aigus juste quand il faut, rythmique quasi-inaudible en fait, retour du riff éclatant, Lemmy et sa voix apocalyptique tout de même, boogie basse et aigus de hyène pour terminer, hop, un classique ["Ace Of Spades"]... riff tyrannosaure, des crécelles en guise de serpent à sonnette, du Led Zep en mode saurien en fait, la basse qui chevauche la batterie et la voix à la distorsion quasi-identiques, changements d'accord bien riffés, toujours à l'économie, ce "love me like a reptile", dans le genre lyrics de bikers, se pose là tout de même, riff qui tabasse et toujours ces charleys aspirés de l'Animal, "Fast "part déjà dans un solo emmêlé qu'il dénoue à coups de wah-wah insidieuse, surfe sur un no mans's land rythmique puis reprend la pédale, du rattlesnake rock, quel chant, même recette qu'avant avec une rythmique syncopée de disco hard saturée à la basse et un solo qui s'énerve, sur ces agitations de la crécelle, fait des glissés, fade out sur un break rattrapé in extremis ["Love Me Like A Reptile"]... la soirée poésie se poursuit avec un riff comminatoire, un appel d'armes en fait, tiens encore une crécelle mais pas de serpent, là, le tout clos par un riff méchant, Lemmy à bout de voix en chant Gitanes sombre, un boogie desperado avec des charleys métalliques qui vrillent le cortex, ça pulse, pro bien sûr, solo direct dans les aigus pour Clarke qui a pas le temps de minauder, de la wah-wah pour désépaissir la sauce, l'Animal en drums aspirés, le riff qui revient triomphant, du hard pop pour biker, peut-être ["Shoot You In The Back"]...riff syncopé à la Rickenbacker impérial avec matraquage de gratte en soutien, les cordes de Lemmy et Clarke entrelacées, du boogie méchant hardos en voix du Jugement Dernier, ces charleys qui marquent tout bon sang, c'est graisseux, clouté et biker, mais jamais trouble comme du Judas, le solo de Clarke est splendide, un début épique comme toujours, comme si c'était la fin de "Freebird", le second encore meilleur avec accélération d'une clarté jubilatoire, Clarke cousin motard d'Angus en fait, des petits accords en plein milieu du solo, marque des grands, se termine en surf gras, maîtrisé ["Live To Win"]... gros riff curieusement très proche du "Real Turned On" de Uriah Heep, un triomphalisme dans les riffs de Lemmy, on ne change pas une structure qui gagne, voix rauque et riffs tapis, mais "Fast" est dessus comme si c'était un "Stairway To Heaven", compos identiques mais différentes, inimitables surtout, du riff qui tricote un peu, le "no remorse" balancé par Lemmy avant le solo pentatonique mais jamais précipité, sait où il va, on reste sur la dernière note avec pulsation de drums, même du feedback, du rock prog pendant huit secondes ou quoi, fins en chœurs budweiser ["Fast And Loose"]... l'hommage classe de Lemmy à ses potes de route avec en cadeau un riff gras qui se répand en mélasse caracolante comme une équipée sauvage à travers les villes, gros riff sourd et ce refrain plaqué sur le riff circulaire, le solo de Clarke qui part rapidement en glissé surf, riff toujours aussi fier de lui au terme du solo, Clarke avait pas tout dit et repart en solo, plus furieux cette fois-ci, se perd un peu backstage dans un bourbier de wah-wah dégueulante, la rythmique tout droit sorti de Raw Power des Stooges, même du feedback bruitiste, remonté le Clarke ["(We Are) The Road Crew"]...trés méchant riff, double grosse caisse et jeu syncopé de Taylor, toujours ces changements d'accord pour se reposer la voix, choeurs en packs de six, le riff comme extrait du feu sur une batterie délicieusement bourrine, un break infâme en double grosse caisse et tiens Clarke sort la wah-wah pour faire saigner ses cordes, "Philty Animal" et ses charleys jazzy, Taylor est vraiment en état de grâce, une classe dans ses soli, jamais surprenants et pourtant toujours originaux, résiste aux tentations cosmiques, beaucoup ont essayé, on se souvient plus des noms ["Fire Fire"]... riff classique immédiat, à la "School's Out" de Alice Cooper, avec un tricotage final plus complexe et Philty Animal surexcité aux drums, Lemmy voix particulièrement écorchée, à bout de souffle, la petite fait rien qu'à l'exciter aussi, allez zou un solo avec un motif splendide pour l'entrée en piaffement militaire riffé de Fast qui veut pas démarrer son solo, derrière ça pilonne en double grosse caisse, le break infernal, et le riff qui ressurgit, toujours la même formule, enfin le solo pour de vrai là, des belles phrases qui versent toujours dans le riff, "I don't care about our different ages" nous rassure un bien priapique Lemmy ["Jailbait"]... le riff dansant (oui) sauce biker avec Lemmy qui fait son "Sweet Sixteen", choeurs valstar et grosse basse rauque mais une pulsation à la Chuck avec du riff métal par-dessus, presque aussi dansant que "Call Me The Breeze" pour un peu, Clarke embraye le solo tout de suite, pas sûr qu'il ait frappé avant d'entrer mais bon, solo faussement pépère et vraiment méchant, ces choeurs mousseux quand même, resolo de "Fast", plus déployé, du Maiden les mains pleines de cambouis ["Dance"]... dégringolade du riff, silence, studio chat, riff again, une ligne de basse rampante qui s'échappe sous des giclées d'accords, pourquoi rajouter une guitare avec cette basse râpeuse à souhait, "I'm leaving you !" dit Lemmy qui a l'air pas content et un brin déprimé, gros solo qui tâche, une minute et trente-huit secondes, ils n'avaient que ça à dire et c'est fait ["Bite The Bullet"]...enchaînement en fondu sur riff en baffes dans la tronche, du donjuanisme sauce métal ce titre, toujours medium paced, le riff indolent, presque, avec les drums de "Philthy Animal" en décalé comme un Bonham sur "Whole Lotta Love", des tout petits riffs, un solo presque timide qui commence dans les aigus et part se réfugier dans les graves puis se ravise et rentre dans sa coquille, une ambiance gentiment déprimée en fait, Clarke part dans ses méandres, prend son temps, on fait tourner sur un motif de basse comme si on faisait chauffer un public, Fast qui fait de l'habillage mais repart vite en artillerie lourde riffée, "I can't hear ya" gueule Lemmy qui perd son sang froid , "Fast" balance donc la purée, accélération comprise, c'est dans la boîte ["The Chase Is Better Than The Catch"]... cris pour lancer le riff monstre, soutenu par les pêches de cymbales, la cavalcade des drums, bien sûr qu'on a l'a déjà entendue avant celle-là, l'accord qui casse le riff et le passage dans les graves évidemment - l'inverse du blues pour la voix de Lemmy - on entend rien mais c'est visqueux, ce marteau, qu'est-ce que ça peut-être, là, un bref mezzo voce de Lemmy après le solo freaky, ce passage funky hard comme Lemmy les aime secrètement, fin AC/DC vintage ["The Hammer"]... Down: Nada...

 

Tags : #motörhead

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