par l'auteur du Rock pour les Nuls

des 100 Meilleurs Albums de rock
de Take One, les producteurs du rock
et de Paul Personne, des vies en blues

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15-06-2008

Ted Nugent & Amboy Dukes: Tooth Fang And Claw (1974)

"I'm not out to negotiate with political correctness. I'm out to burn it, I'm out to chop it down, I'm going to melt it. I like to think that political correctness and denial is like the emperor of Japan thinking he's going to take over America. I would recommend when you face that kind of evil, you melt them. That's what I am going to do to my enemies. I will melt them. Then I will smear their remains and anyone else, who is inclined to try to take on freedom, and liberty, and goodness again. I think now more than ever, we have got to be strong...we need to get a spine...we've got to be warriors. I will not back down and I will not allow certain people to say a word, and then try to tell me that I'm not allowed to say it! It's unbelievable. It's unacceptable. It's illogical and I will fix it..." (Ted Nugent) Where: Recorded at Electric Lady Studios, NYC When: June 1974 Who: Ted Nugent (bass, guitar, vocals), Rob Grange (bass), Vic Mastrianni (drums), Andy Jezowski (vocals), Rev. Atrocious Theodoeius (guitar, vocals) What: 1. Lady Luck 2. Living In The Woods 3. Hibernation 4. Free Flight 5. Maybellene 6. The Great White Buffalo 7. Sasha 8. No Holds Barred How: Produced by Jon Child, Lew Futterman & Ted Nugent Up: riff appel aux armes en stridences distendues, frappes de basse-batterie avant l'assaut, glisse vers un gros riff avec insertion de basse funky puis un rythme de funk hard stewarto-beckien s'installe, souplesse et persuasion du mammouth, avec cavalcade de basse à gros sabots et solo confiant de Ted, ça c'était pour l'intro, on passe sur un riff derviche splendide à trois grattes, bientôt assuré dans les basses seulement avec quelques giclées d'accords en fond, des micro-soli toujours d'une qualité surprenante du père Nugent, chant des cavernes par-dessus ça bien sûr, une belle compo avec riff à la "Plynth (Water Down The Drain)", un couplet, le petit solo bien senti, sans jamais de bavardages, et ça repart avec des beaux plans funky, entrecoupés de soli cisaillants, un autre break superbe, en mode hard funky et riff épileptique avec soli sifflants, quel passage tout de même, rebascule sur le riff, puis sur l'intro, fin en soli fins, un classique du hard ["Lady Luck"]... le gros riff stoogien, cette fois, avec coulissage vers un machin dansant un peu garage genre "Foxy Lady" revu en boogie et la guitare au son fluide en petites interventions finement phrasées, bonne compo encore du père Nugent sous-estimé de ce côté-là aussi, les drums c'est pas de la gnognotte en passant, déjà un break, tout frissonnant et ébouriffé, puis deux soli fluides croisés, riff déployé, long, avec l'impression que, comme une phrase, ça aurait pu être mieux dit plus court ou plus long, chant rustre, agraire, in the woods, break avec le riff tournoyant seul, entrée guitare-basse-batterie en mode machine gun, belle mélodie, riff descendant à la fin, petite pépite sans prétention, un truc comme ça tient un an dans les charts aujourd'hui quand même ["Living In The Woods"]...le magnus opus du décérébré sylvestre, cette intro inoubliable en feedback muezzin contrôlé, les arpèges de basse qui se lancent dans une chevauchée grondante et encore et toujours, en inépuisable fond, ce feedback, le plus beau du rock à coup sûr, avec son tressautement, la basse enfle, balance des accords et c'est parti pour un instrumental épique sur basse-batterie toute bête et accords qui lacèrent, début un peu psyché, tranquille, du solo, la petite phrase mélodique, très fort, des baffes derrière, puis Ted commence à tricoter autour de petits motifs nerveux, une grande rigueur, posée sur un poom-tchac hérité des sixties, la basse prend le large, les tirés pour le solo à tendance triolets, le péché mignon de virtuosité de notre Ted, avec des stridulences finales, un embourbement passager, puis grosses notes hard et accélérations arpégées superbes, on entend la demi-caisse, ça se pose un peu mais le tricotage se poursuit, tourne en rond sur son accélération, passage bucolique avec hammer-ons, petites notes flutées et tout le bazar, puis la rythmique se corse, devient trépidante avec soli en disto étouffé sur du funk rapide, des feulements, la basse qui s'échappe, retombe sur sa phrase, enchaînements d'accords héroïques, gestion des dynamiques de la compo à la Led Zep, recherche du calme sur basse émue et soli feedbacké, origines psyché encore là, voyage au centre de l'esprit et tout ça, fin à la Jorma Kaukonen après Baxter, feedback décidément splendide, près de dix minutes de bonheur ["Hibernation"]... autre instrumental, construit autour d'une phrase fermée en question-réponse celui-là, on se demande où il peut aller, insertion progressive d'un poom-tchac râpeux, un changement d'accord prévisible et donc jouissif pour un motif plus heureux avec petite pirouette technique finale, on met toute la machine en route, ressemble à une jam sixties, agréable, manque le chant, basse qui glapit, on s'arrête pour remettre une bonne couche de ce riff lyrique aux faux airs d'hymne de fête foraine, à la "Whiskey In The Jar" de Thin Lizzy, pas de solo avant la toute fin, qui s'enfuit dans la nuit du shunt ["Free Flight"]...oh la reprise inspirée et méconnaissable, studio chatter et riff aux stridences inouïes avec rythmique de funk hard moite et caisse claire en carton, chant rauque et primal, Ted a tout compris et extirpe les origines country du truc, en fait un truc de redneck qui bastonne botte au plancher, four on the floor, superbes breaks et basse bastonneuse, caisse claire bien duracell, et refrain en choeurs soul gospel sur walking-bass redoutable, très proche du Johnny Winter de l'époque, premier solo chuckberryen épileptique avec basse qui se cale précisément dessus pour le début puis lignes en walking infernal, du heavy funk again, un tiré énorme en feedkback hendrixien, titre stoppé net au frein à main, oh le rédémarrage, la sauce gospel et la fausse fin à la big band, une tuerie ["Maybellene"]... l'autre grand riff virevoltant de Ted avec arpèges dégringolants décrocheurs de mâchoire et entrée pêchue de la basse-batterie, qui se repose illico sur ce beat sixties psyché que Ted semble particulièrement apprécier pour asseoir sa virtuosité toute seventies, ça tamponne dur sur du chant australopithèque à peine écouté, ce mélange riff-arpèges complexe à la "Wait Until Tomorrow", on s'arrête, tiens, pour bien écouter ce riff monumental avec cowbell pour trépigner et ça repart en solo, ambiances un chouïa psyché et petit solo de basse velouté reverb, les grattes partout, quel génie en fait, on attend qu'une chose, c'est le solo, nouvelle pause sur le riff et c'est parti quarante-cinq secondes avant la fin ? non, que des accords qui meurent et une autre grande compo de la décennie de Ted, tout seul comme un grand ["The Great White Buffalo"]...tentative de balade hendrixienne, chant chuchoté par-dessus, petite phrase très Ten Years After, la basse lyrique par-dessus, gros drums et même une gratte sèche, solo velouté et refrain baba cool fatigué, allez, on passe ["Sasha"]... curieux début parlé sur riff funky, gros drums et guitare sirène qui s'énerve, accords en plus, puis break cassant et riff un peu proche du second titre, mais tout ralentit comme un funk hard moite, les phrasés sifflants par-dessus, triolets chevrotants et tout en plus bien sûr, lourd refrain funky stadium, mais dès que ça part, ça retombe dans un gros funk énorme de canicule, la rythmique basse-batterie en fout plein la vue et les oreilles, le killer break sur un nouveau riff ralenti, une puissance considérable, Ted déclenche un solo fantastique, prend son temps, s'arme comme toujours de petits motifs mélodiques, deux grattes onctueuses décalées avec feedback sur riff lent mené à la basse, la reprise de solo est une splendeur, rythmique affolée comprise, refrain chantant, petite phrase de basse finale et gros gnon de drums, c'est qui le plus fort ? ["No Holds Barred"]... Down: Autant de finesse chez un rantanplan pareil, c'est dur à croire... et rarement cru, d'ailleurs...

 

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