par l'auteur du Rock pour les Nuls

des 100 Meilleurs Albums de rock
de Take One, les producteurs du rock
et de Paul Personne, des vies en blues

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01-07-2007

The Doors: LA Woman (1971)

"Jim, on the other hand, didn't have a house. He would live in a motel or wherever he happened to be that night. He would end up sleeping there. He was always thinking about songs. When he would be alone, he would have a notebook and that's what he would do. He considered himself, I guess, more into the whole trip than the other three of us were. To be like that, you have to be obsessed. I think there's a fine line between how much...you know you have to get away from your work a little while..." (Robbie Krieger) Where: Recorded at The Doors Workshop in Los Angeles When: Avril 1971 Who: Jim Morrison (vocals), Robbie Krieger (guitar), Marc Benno (Rhythm guitar), Ray Manzarek (organ, piano, keyboards, vocals), Jerry Scheff (bass), John Densmore (drums) What: 1. The Changeling 2. Love Her Madly 3. Been Down So Low 4. Cars Hiss By My Window 5. LA Woman 6. L'America 7. Hyacinth House 8. Crawling King Snake 9. The WASP (Texas Radio And The Big Beat) 10. Riders On The Storm How: Produced by Bruce Botnick & The Doors Up: roulement de Densmore pour lancer une basse groovy ronronnante tenue par une caisse claire claquante, cris de stentor halluciné de Morrison sur zébrures moqueuses de Manzarek qui enchaîne un solo Motown sur les feulements de Morrison, riff repris aux claviers, Krieger tapi dans un coin de baffle, entrée tonitruante de Morrison ("I lived uptown / I lived downtown / I lived all around / I had money, and I had none / But I never been so broke / That I couldnt leave town"), on passe un cran sonore pour la montée de ton, un break ricochant, Krieger sort la wah-wah, Manzarek son orgue carroussel sur groove basse-batterie impeccable, un cri de Morrison à 1"45, encore de la wah wah et un cri stupéfiant de puissance ("See me chaaaaaaaaaange") d'un Morrison impérial en pleine mue reptilienne, gorge de crooner la puissance des 27 ans du Lizard King en plus, quelques fêlures superbes dans la voix, puis intervention démente de Krieger à 2"47, vite rejoint par Mazarek dans des graves étonnants, un solo wah-wah de Krieger splendide, final dansant on claque les paumes sur fond de vomissures de claviers et de chantilly wah-wah ["The Changeling"]... riff fringuant avec walking-bass et piano bastringue pour une ritournelle de Krieger portée par la voix sépulcrale, inquiète et fatiguée de Morrison, break psyché sur arpèges de Gibson SG, Manzarek balance un son de manège, Densmore fait dans la finesse, jamais d'esbroufes, solo simpliste de Krieger collé à la mélodie, on cherche le hit ["Love Her Madly"]...Morrison joue aux bluesmen ténor, basse-batterie d'une efficacité envoûtante, jeu de slide sublime de Krieger, grand guitar-hero trop négligé, Morrison tonne ("I said, warden, warden, warden / Won't you break your lock and key"), le bottleneck de Krieger dégouline, se fait solo incroyable à 1"35 avec une retenue classe sur guitares rythmiques croisées, revient à 3"08, tellement bon que Morrison en gueule encore plus fort, les soli de Krieger pleuvent des deux blaffles, pas une note de trop, du grand art ["Been Down So Low"]...riff moite étouffé sur basse cotonneuse, le ressac des phares de voitures sur le mur d'une chambre d'hôtel, voix de Morrison dans un écho décalé ("Windows started tremblin / With a sonic boom / Windows started tremblin' / With a sonic boom, boom / A cold girl'll kill you / In a darkened room"), se lance dans des aigus ancestraux à 3"30, mains autour du micro ["Cars Hiss By My Window"]... insurpassable hommage à la capitale californienne, entre Iggy et Guns, bruit de moteur à la guitare, riff tournant sur clavier rejoint par la basse, Densmore sur les cymbales d'abord puis s'insère avec une frappe souveraine, entrée fracassante de Morrison, ponctuée des soli classieux de Krieger, Morrison en braille de plus belle, premier solo dans les graves, son clair, de Krieger, Morrison écrit superbement, mugit ("LA Woman !"), un solo piano honky-tonk de Manzarek, break tournoyant de basse-cymbales ("I see your hair is burnin / Hills are filled with fire / If they say I never loved you / You know they are a liar / Drivin down your freeways / Midnight alleys roam / Cops in cars, the topless bars / Never saw a woman... / So alone, so alone"), tout le monde en retrait puis décollage presque hard, Densmore place quelques roulements d'anthologie, Manzarek s'accroche à son riff, puis re-break à base de claviers et wah-wah loquaces, roulements psychédéliques de Densmore, Morrison en appelle à d'intelligibles hétéronymes priapiques ("Mr Mojo Risin'") dans de démentielles incantations, le tempo s'emballe, Morrison rugit, le riff débonde sur les brâmes de Morrison qui déclenchent le solo magistral de Krieger, Morrison, porté, reprend, Krieger insiste en solo, la fin appartient aux deux barbus sur riff de claviers à la "You Really Got Me" ["LA Woman"]...note distordue, descente lugubre avec échos reptiliens, se stabilise autour de quatre notes, rejoint par la basse, Manzarek retrouve ses sonorités psyché sur la batterie militaire de Densmore, voix d'outre-tombe de Morrison en descente de fleuve rimbaldien ("I took a trip down to L'America / To trade some beads for a pint of gold"), break rock, walking-bass, solo d'église de Manzarek puis break pompier, petit riff transitoire en flottement ("Like the gentle rain..."), Morrison chante comme un Dieu pour Antonioni ["L'America"]... riff printanier et basse lyrique sur l'intro, obscurci par l'entrée macabre de Morrison, break hâché de Krieger sur claviers liquides et lyrics prémonitoires glaçants ("I see the bathroom is clear / I think that somebody's near / I'm sure that someone is following me"), Manzarek prend un solo lysergique à 2"10, balance des arpèges étourdissants, fascinant hôtel californien ["Hyacinth House"]... blues moite du Mississipi, John Lee Hooker en figure tutélaire de l'album, riff glissé et hammers-on et pulloffs, guitares rythmiques en trémolo, claviers somptueux, Morrison gronde, Krieger assène des soli silex épileptiques à 1"47, à 3"00 Manzarek prend son tour avec panache sur basse-batterie éblouissante, nouvelle performance de stentor dyonisiaque de Morrison, Krieger taillade à la six-cordes sur la fin ["Crawling King Snake"]...riff tribal, Morrison colonel Kurtz du rock ("Some call it heavenly in it's brilliance / Others, mean and ruthful of the western dream / I love the friends I have gathered together on this thin raft / We have constructed pyramids in honor of our escaping / This is the land where the pharaoh died"), Densmore s'amuse en variations sur ses fûts, break alambiqué, on monte le riff de quelques tons, Krieger, pas annoncé, impose un soli époustouflant, Densmore en verve, nouveau break un peu trop jazzy, on repart dans les swamps de Virginia, Manzarek s'engage dans un solo à la construction parfaite, le bouillon prend, re-break bondissant de Densmore aux fûts trafiqués, Morrison déjà loin ["The WASP (Texas Radio And The Big Beat)"]... cieux déchirés en averse, éclate en un riff pluvieux inoubliable à la basse, Manzarek, sur le dernier titre du groupe, a enfin trouvé son son en flaques jazzy, Morrison au sommet de son coffre, doublé sur tout le titre en chuchotements spectraux ("There's a killer on the road / His brain is squirmin' like a toad / Take a long holiday / Let your children play / If ya give this man a ride / Sweet memory will die / Killer on the road, yeah"), Krieger en guitare balbutiante, une montée chromatique historique, le titre est installé, solo trémolo de Krieger à 1"44, de Manzarek à 2"44, jazz, liquide, fluide, cristallin, assuré, déliquescent, en ondées cascadantes, un break et, sur fond de tonnerre, Krieger reprend un chorus final mélancolique autour d'une poignée de notes graves sinistres, final limpide dans un crash de tonnerre ... ["Riders On The Storm"]... Down: Manzarek encore fâché avec certaines sonorités rock ne s'est pas tout à fait débarrassé de certains charlyolegismes fâcheux...

 

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