par l'auteur du Rock pour les Nuls

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14-09-2009

The Beatles: Day Tripper

Quand Paul McCartney confie au début de ce mois à l'Entertainment Tonight « (We were) overdoing substances and really getting crazy, as we all were... (We'd be) falling asleep - the kinda thing when you can hardly get your head off the pillow. You go, 'Woah, I'd better get my head off this pillow.' » (fin de citation), on se dit que le rock est dcidment tendance et que rien ne vaut un scoop vieux de quarante ans... Sans foi ni loi, on s'engouffre dans la brèche sur fond de Fab Four fraîchement remasterisés et on rétablit un peu l'ordre des choses...

Les Beatles et les substances illicites, la belle affaire ! Combien encore pour ignorer la chose, d'ailleurs ? Le sujet, et les fausses révélations qui vont avec, tombent avec une régularité journalistique qui l'inscrit sans peine dans le Top Five des marronniers rock : il y a cinq ans, on nous avait ainsi déjà servi l'info-choc dans un article où Macca, pas mort bien sûr pour ceux qui en doutent encore, avouait en exclusivité et probablement pour la centième fois que, oui, ok, d'accord, effectivement, la coke circulait pendant l'enregistrement de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. Attention, surprise : « I did coke for about a year around that time. Coke and maybe some grass to balance it out. I was never completely crazy with cocaine [...] I'd been introduced to it and, at first, it seemed OK, like anything that's new and stimulating. When you start working your way through it, you start thinking, 'Mmm, this is not so cool an idea', especially when you start getting those terrible comedowns..." Quelques années avant (ou après, d'ailleurs, on s'y perd), dans les colonnes d'un autre journal, Macca s'était livré à une autre interview confession, s'essayant à des précisions ou des variations au gré des reformulations de ce même faux scoop : pas d'héroïne, enfin, si, mais une fois seulement et c'était pas bon, quant aux autres drogues et bien John aussi a essayé, ce qui explique d'ailleurs, tiens, tous ses sarcasmes à l'endroit du gentil Paulo... Et puis, plus tard, on fit aussi mine de s'étonner quand la délicieuse ex-wife de Paulo, Heather Mills, déposa quelques plaintes - du moins nous le certifie une certaine presse anglaise - contre son fameux mari décrit comme violent, alcoolique et ? et ? drogué, bravo, c'est bien ça.

Il fallait pourtant être vraiment ingénu - et peu attentif - pour s'étonner de ces coups de tonnerre de série Z dans le landerneau rock : dès les premiers pas du groupe dans le Reeperbahn hamburgeois, ça carburait pas qu'au coca chez les pas encore Fab Four ; quant à la marijuana, censément présentée au groupe par Bob Dylan, elle accompagna, on le sait, les Beatles tout au long des sixties et leur permit de supporter sans disjoncter la Beatlemania, tout comme, dans une moindre mesure, le cannabis d'ailleurs... Et puisqu'on en est à faire l'article, le LSD s'invita lui aussi très tôt chez les Beatles, bien avant qu'il essaime au sein des groupes hippies californiens et d'ailleurs, cette fois-ci, Paulo est à la traîne et découvre sur le tard les sorties lysergiques de John et George... Toujours soucieux d'incarner une certaine avant-garde artistique - vraie passion, par ailleurs - et toujours un peu vexé d'être deuze après John, Paulo se rattrapera, si l'on peut dire, en en avouant le premier la consommation en 1967 - une première en rock - et en assumant ouvertement la chose, qui plus est... Sur sa lancée, il osera même l'offense suprême en déclarant crânement avoir initié Jagger lui-même... Faut-il préciser que l'intéressé en fut ulcéré ? La cocaïne, pour finir, circula aussi au sein du groupe - avec Paulo aux avant-postes cette fois-ci ! Quant à l'Inde...

Enfin, s'il est concevable d'ignorer ces histoires internes, difficile en revanche d'oublier et encore plus de nier que les Beatles, en groupe ou individuellement, y compris après leur dissolution, se prononcèrent pour la légalisation de la marijuana et, plus généralement, pour une saine décriminalisation de la chose... Et puis, comme toujours, et c'est heureux, il reste la musique à les titres et paroles des Fab Four, hérauts du psychédélisme à l'anglaise, sont, là aussi, d'une éloquence peu contestable... Et même en ignorant les évidences de la période Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band du groupe - non, Lennon l'a confirmé, les initiales principales du titre « Lucy in the Sky with Diamonds » ne contiennent pas de message caché... mais, oui, selon Paulo, c'est bien LSD qu'il faut y lire... - et les gloses toujours un peu effrayantes de certains fans ultra-hardcore découvrant, comme à leur habitude, des sens cachés dans toutes les chansons de leurs idoles ou presque, quelques titres comme « Got To Get You Into My Life » ou « Day Tripper » ne faisaient pas vraiment mystère de leurs connotations fumeuses...

Quant à l'après-Beatles, il fut douloureux pour tous (y compris les fans...) mais c'est Macca qui s'illustra tout particulièrement par une série de démêlés avec la police et la justice : arrestation pour possession de haschich et culture de marijuana, expérimentations et consommations diverses tout au long des seventies (que le gentil Beatle traverse gentiment stoned) et qui culminent, la décennie suivante, avec le fameux incident de la revanche de Yoko et, pour Paulo, de la vraie prison, dix jours quand même, au Japon en plus... Depuis, annobli, Sir Macca s'est à peine assagi dans ses déclarations et s'autorise quelques écarts, au grand bonheur de tabloids prédateurs...

Allez, on attend impatiemment 2013 pour la prochaine « exclu » sur les Beatles par Paulo... « Found my way upstairs and had a smoke and somebody spoke and I went into a dream »...

 

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